Traversées - pauses pluitées (2011)

Cursus 1 at IRCAM

Instrumentation : cello and live electronic.
Duration : about 7 minutes.

Premiered in 2011, march 26th at Espace de projection at Ircam.
Florent Maigrot, cello.
Emmanuel Jourdan, RIM.

Traversées – pauses pluitées est une pièce qui a pour origine les signaux sonores émis dans les passages piétons au Japon afin d’aider les non ou malvoyants à traverser la rue. Ces signaux peuvent avoir plusieurs natures, une sorte de bip électronique suivi d’un « coucou » pour certains, ou une mélodie traditionnelle du XVIème siècle – Toryanse, pour d’autres. Dans ce chant traditionnel, il est question d’un passage dans un temple, d’une traversée dont on ne sait si l’on reviendra.
La distance entre ces deux éléments (le bip quotidien et kitsch et la mélodie se référant à un univers ancien et mythique) est assez significative de l’hétérogénéité de différentes entités du Japon, sur laquelle j’avais beaucoup travaillé dans mon cycle Nara.
Traversées – pauses pluitées propose donc une série de regards dualistes entre des sons physiquement simples, mobiles au caractère ludique avec des espaces amples, petits paysages oniriques construits à partir de sons plus complexes à la dimension lyrique portée par le violoncelle.
Entre les deux intervient un plan « réaliste » grâce à l’électronique – bruits de trafic routier, signaux sonores des passages piétons japonais et pluie.
Afin de réaliser des agglomérats étrange entre ces différents éléments, certains sons ont été élaborés avec de la synthèse concaténative.
Par ailleurs, le rapport entre l’instrument soliste et l’électronique est pensé comme un individu et son environnement. Un environnement dans lequel l’individu a un impact, beaucoup de la partie électronique étant liée au temps réel. Elle se décline principalement dans une synthèse liée à la périodicité du signal émis – qui crée une ombre irisée du violoncelle, et sur une improvisation de l’ordinateur à partir du jeu de violoncelle. Progressivement, ce rapport s’inverse – une sorte de violoncelle liquide se dessine sur une ambiance de pluie dans la partie centrale de la pièce. Dans la dernière partie, l’environnement cherche à imiter l’instrument et devient une corde virtuelle, dont la pression s’abaisse progressivement, finissant par rejoindre un violoncelle aux cordes complètement détendues, dont le timbre est presque devenu électroacoustique.