Himitsu no neya (2016)



Commission : French government.


Instrumentation : Nô singer, flute (in C, in G, bass), clarinet (bass clarinet), bass trombone, percussions, violin, cello and electronic.
Duration : 60 minutes
Dedication : Gérard Pesson.


Synopsis :
Le poète Kanémori, qui vécut au Xème siècle, envoie une lettre à Shigueyuki le questionnant à propos de rumeurs concernant l'existence d'une sorcière « Oni » à Adachigahara. Il désire ardemment une jeune femme, ses parents refusent de lui donner sa main car elle est trop jeune. Bien plus tard, la famille de cette femme disparaît et son mari l'abandonne. Un moine veut se rendre à Adachigahara. La jeune femme est devenue vieille. Dans sa chambre, il y a des corps en putréfaction...


Himitsu no neya est un opéra de chambre contemporain pour chanteuse Nô, petit ensemble et électronique, basé sur le conte japonais Adachigahara, lui même adapté en théâtre Nô et en Kabuki. Dans ces formes théâtrales traditionnelles, seule la fin de l’histoire nous est contée – des moines demandent le gîte dans une mystérieuse cabane en forêt où habite une vielle dame ; le plus jeune d'entre eux découvre qu'elle se révèle être une sorcière qui dévore ses hôtes. Toute la première partie, qui se concentre sur le passé de cette vielle dame, bien plus tragique, ne figure pas dans la pièce : elle existe dans la tradition orale. J'ai alors pensé à travailler sur le lien entre ces deux pendants d'une même histoire.

Le projet de cet opéra interroge ainsi le rapport entre ce qui est représenté et ce qui est caché ; cette question s'exprime par la réécriture de l'histoire dans une perspective à la fois contemporaine et sociétale – réalisée par la spécialiste du Nô Sachiko Oda, et par l'élaboration d'une musique en ombres, à la fois présente et suggérée, qui exclut toute forme d'exotisme.

Himitsu no neya fait également référence au conte occidental de Barbe Bleue (dont les points de rencontre avec notre sujet sont étonnants), par l’utilisation de matériaux musicaux issus d’Ariane et Barbe Bleue de Paul Dukas (Objets esthétiquement modifiés, OEM).

La dramaturgie est par ailleurs mise en relief par la création d'espaces électroacoustiques environnementaux évanescents qui favorise l’ambiguïté du discours musical, instaurant une continuité fragile de fragments narratifs