about « Other pages »
La cinquième édition de Sonik – une manifestation quimpéroise annuelle qui fait dialoguer compositeurs d’aujourd’hui et musiques des siècles passés – accueillait le pianiste François-Frédéric Guy dans un programme consacré à Beethoven et à une création mondiale, Other pages d’Aurélien Dumont (né en 1980), ouvrage conçu tel un prolongement des Bagatelles op. 126 du musicien allemand. Beethovénien expérimenté, F-F. Guy n’a de cesse de se confronter aux 32 Sonates, corpus qu’il joue intégralement en concert et a enregistré. D’emblée, dans la « Clair de lune », le sang-froid et la concentration dont il fait preuve traduisent une maîtrise de tous les paramètres. Son interprétation expressive et contrastée s’adapte ensuite avec bonheur aux enchaînements entre chaque Bagatelles op. 126 (1824) et les cinq mouvements insérés par Aurélien Dumont (actuellement en résidence au Théâtre de Cornouaille) en une suite réinventée. La science de l’écriture du disciple de Gérard Pesson transparaît dans l’utilisation du matériau de base qui semble parfois se confondre avec le langage de Beethoven. Les Bagatelles, pièces courtes, lyriques et fantasques, très novatrices pour l’époque, offrent du coup des perspectives nouvelles, par le biais des réminiscences et l’emploi du piano préparé. Le soliste se fraie un chemin ludique dans ce labyrinthe savamment organisé.
Michel Le Naour, concertclassic.com, 1er juin 2016.
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about « Flots en fioles en flot »,
Rien de tel dans la musique très singulière d’Aurélien Dumont dont les textures raffinées et impalpables nous plongent dans un univers poétique et non moins fascinant. Donné en création mondiale, Flots en fioles en flot invite au devant de la scène l’alto solo – épatante Claire Merlet – au côté de seize musiciens. Dans cette manière de concerto, le compositeur joue sur l’interaction sensible et complexe du soliste et de l’ensemble. L’alto semble au départ l’instrument « source » dont les sonorités sont réverbérées et altérées par les couleurs de l’orchestre. Il va progressivement s’immerger dans un flux sonore de plus en plus riche, aux remous aquatiques – plaque de plexiglas et flûte à coulisse à l’œuvre. Soliste et ensemble instrumental forment à eux deux une sorte de méta-instrument, monstre hybride aux morphologies très étranges dont le compositeur donne à entendre les fluctuations étonnantes de matière avec un art du détail et un imaginaire sonore qui captivent d’autant l’écoute.
Michèle Tosi, Resmusica.com, 28 janvier 2016.
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about « Le silence habité », concert-portrait in Quimper

La musique d'Aurélien Dumont est multiple, parfois difficile d'accès, mais quelque part inoubliable. La musique d'Aurélien Dumont semble intemporelle, elle parle des oiseaux, du vent, un trombone inspiré, des flûtes racontent un voyage en chemin de fer. Des couleurs, des climats mènent à d'autres continents. Il arrive qu'un morceau prenne le ton d'une berceuse, il arrive aussi que soudain, la musique gronde ou se teinte de clochettes matinales. Cette musique-là parle d'unité, d'un monde presque apaisé, rassemblé par quelques notes divines. Au-dessus des musiciens les images douces de la vidéo Jennifer Douzenel invitent au silence. L'ensemble Linéa, dirigé par Jean-Philippe Wurtz, est tout à fait extraordinaire dans ce répertoire. Solos, trios, duos, grand ensemble, donnent une vie tout à fait extraordinaire à une musique aux tons, aux couleurs, complètement inédits.
Eliane Faucon.
Le Télégramme. 19 novembre 2015.
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about « While », my first monographic CD :

Une musique faite de suggestions, qui noie les contours et favorise les « l’éléments musicaux hybridés » (Abîme apogée), les apparitions fantomatiques (Fables asséchées) comme l’évanescence des phénomènes sonores (Échappées - pauses pluitées) : Aurélien Dumont est un compositeur lunaire, dont le commerce avec les autres arts (littérature, peinture) irrigue une oeuvre délibérément tournée vers la scène. La magie opère parce qu’il dispose d’une oreille hors du commun et d’un univers bien à lui dans lequel on aime divaguer. Jamais dogmatique, le propos présidant à la création adopte une légèreté et une élégance toute aristocratique. Ainsi de l’Eglog, interprété non sans humour par le Trio Dauphine, dont on se persuade bien vite que les codes détournés de la musique baroque et l’esprit des Lumières se veulent moins un simple pastiche qu’une savoureuse épigramme où le XVIIIème siècle est prétexte à une « grammaire d’objets » inédite. Thétris, au moyen d’une fantaisie réjouissante, à l’image des textes de Dominique Quélen, rappellera des souvenirs aux usagers de la Game Boy. Les pièces pour ensemble Abîme apogée et Fables asséchées cultivent davantage les sons « sales » et « saturés », mais, pureté dans l’impureté, avec une méticulosité d’orfèvre. Une poétique manifestement bien intégrée par les musiciens de Vienne à Paris. Une mention spéciale à Jeanne Maisonhaute, violoncelliste du Quatuor Tana, guide de choix dans ces Échappées au coeur de l’instrument.
Jérémie Bigorie
Classica, Février 2016.


Luc Ferrari inventa une série de Presque rien à partir de bruits de la nature organisés en un objet sonore, une déambulation rousseauiste dans un univers intime. Aurélien Dumont (né en 1980), inverse le procédé en confiant à ses interprètes une imitation des bruits, à l’image du tendre et fascinant « presque rien » qu’est Échappées – pauses pluités, pour violoncelle et électronique, et du non moins réussi Fables asséchées, drame de poche pour quinze instruments (Ens. Orchestral Contemporain, dir. P.-A. Valade) et électro, où se profilent les ombres de Rameau, Beethoven et Schubert dans un paysage traversé de doux zéphyrs. Spirituelle pochade, Thét®is s’amuse à hybrider la cantate Thétis de Rameau avec la musiquette du jeu vidéo Tetris, un travail d’orfèvre pour prestidigitateurs avertis : le baryton Vincent Bouchot, assisté de Denis Chouillet (piano) et de Sylvain Lemêtre (percussions). Plus attendu, Abîme apogée apparaît comme un condensé du style spectral, tandis qu’Eglog, par le Trio Dauphine, signe définitivement la palette ingénieuse et baroque de Dumont, tombé du ciel sur le XXIème siècle tel un deus ex machina.
Franck Mallet, Musikzen, 11 janvier 2016
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Le jeune compositeur Aurélien Dumont propose dans l’album While la vision d’un univers musical subtil et excitant.
Cette première monographie du compositeur Aurélien Dumont introduit à un monde musical et sonore particulier et captivant, parcouru de tensions et de paradoxes. Très pensé, voire même théorisé par l’auteur, il est aussi extraordinairement sensible et concret et d’une grande puissance d’évocation. Il met en relation décomplexée passé et présent, comme en témoigne cette amusante pièce parodique intitulée Thét®is, en référence pour le moins décalée aussi bien à la cantate de Rameau qu’au jeu vidéo bien connu.
Le matériau musical est foisonnant et volontairement hétérogène ; il est assemblé en petites entités indépendantes, comme autant d’objets ou de paysages sonores agencés ensuite selon un fil narratif plus ou moins manifeste. Parmi ces matériaux, le son des instruments, flûtes, clarinettes, percussions essentiellement, parfois « augmentés » électroniquement mais aussi bruits concrets de la vie quotidienne, sons électroniques ; et ce que le musicien appelle des O.E.M, Objets Esthétiquement Modifiés, sorte de citations ou d’inserts déformés de minuscules fragments d’œuvres de Beethoven, de Rameau, de morceaux de rock, d’accords spectraux. Le résultat est un véritable tissu sonore aux textures fragiles et chatoyantes, très subtiles.
Autre caractéristique importante dans le travail d’Aurélien Dumont, les mots. Il faut signaler sa longue collaboration avec un poète contemporain, Dominique Quélen, qui signe ici le texte de trois des cinq œuvres présentées sur ce disque.
Kaléidoscope oui, en raison de la variété des approches, avec des pièces allant de la franche et amusante parodie à des univers mouvants d’une grande poésie. Jamais d’excès sonore, mais une inventivité constante, souvent primesautière, joyeuse. Les sources de cette musique sont diverses mais le musicien parvient à les façonner à sa main : culture japonaise, musique du passé, poésie et univers sonore contemporains. On se trouve donc en présence d’une myriade de petits mondes à investir, comme dans la dernière pièce du disque où alternent des « marées » essentiellement électroniques et des « fables asséchées » au matériau plus composite.
Florence Trocmé, 23 octobre 2015
resmusica
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Aurélien Dumont, trente-cinq ans cette année, peut aujourd’hui se réjouir de voir paraître une première monographie très enthousiasmante, où l’on retrouve nombre de qualités de ce jeune compositeur qui fut l’élève de Gérard Pesson et qui se montre aussi passionné par l’inspiration littéraire que par la culture et la civilisation japonaises. D’une pièce pour ensemble et électronique avec un chœur virtuel à un trio pastoral réunissant violon baroque, clavecin et harpe, d’un splendide solo pour violoncelle et électronique à une partition ludique pour voix, piano et percussions, on se laisse séduire par l’inventivité des timbres, la beauté des objets musicaux, et la qualité des évocations. L’interprétation est à l’avenant, avec l’ensemble Klangforum de Vienne, la violoncelliste Jeanne Maisonhaute, le trio Dauphine, le Trio B and See ou l’ensemble orchestral contemporain, dirigé par Pierre-André Valade - ce sont ces derniers que l’on retrouve dans le très beau cycle des Fables asséchées qui referme le disque, en voici un petit extrait avec la sixième fable, et la septième marée électronique…
Arnaud Merlin, 28 septembre 2015
France Musique
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about Surgissant à nouveau de la terre :

La pièce d’Aurélien Dumont, Surgissant à nouveau de la terre, commande d’Aedes, est une étonnante composition évoquant la Grande Guerre. Utilisant quelques percussions, elle impressionne lors des passages vocaux notamment par son sens des contrastes, du texte et sa variété. L’étonnant passage central qui évoque le chœur d’entrée du Roméo et Juliette de Berlioz et la déploration finale sont particulièrement réussis.
Giles Lesur
Concertonet.com
12 mai 2015

Aedes nous surprend et nous séduit davantage dans la commande passée au jeune Aurélien Dumont (né en 1980), Surgissant à nouveau de la terre, habile jeu sur le souffle et les éléments qui fait un sort à chaque mot ou phonème.
Septembre 2015
Diapason
Benoît Fauchet


about Le Dibbouk :
[…] On ne perd rien de l’histoire tout en se laissant bercer par les modulations de la langue originale et la magnifique composition musicale d’Aurélien Dumont. […]
Journal La Térasse N°233
17 juin 2015
Catherine Robert.


about Abîme apogée :
L’oeuvre incluant l’électronique (elle s’inscrit aussi dans le cadre du Cursus II de l’IRCAM) doit normalement clore le cycle; elle était entendue ce soir en ouverture de concert. Débutant « dal niente », elle nous immerge progressivement dans un univers sonore étrange et onirique, laissant émerger au centre de l’oeuvre les voix d’un choeur virtuel portant le texte poétique de Dominique Quélen. Les textures sonores d’une grande sophistication jouent sur l’intégration très fusionnelle de l’électronique et le ressort de nombreux modes de jeu (sur les cordes et dans celles du piano notamment) créant une matière fine et insaisissable qui nourrit une vision poétique très singulière.
Michèle Tosi,
resmusica.com

En première française, Emilio Pomárico et Klangforum Wien jouent des pièces créées il y a peu (Suisse, Allemagne, Italie), que signent cinq musiciens dont Aurélien Dumont, le benjamin (né en 1980). Venu à la composition après une vaste réflexion sur l’art (art-thérapie, esthétique), son chemin croise notamment Pesson, Sciarrino, Ferneyhough, Blondeau et Harvey. Quelques années après Sérieux gravats, marqué par la lecture de Volodine et la découverte du Japon [lire notre chronique du 18 septembre 2010], Abîme Apogée (2013) s’inspire de la cosmologie chinoise, de la poésie de Dominique Quélen et de la figure d’Hildegarde von Bingen. Conçu pour quatorze musiciens, ce « dialogue d’une écriture instrumentale effacée et violente avec une électronique harmonique et intimement dérivée de la voix » s’avère sans lien avec une certaine mouvance « saturationniste », mais délivre cliquetis délicats, grincements doux et frottements discrets, dans l’aura quasi mystique de la bande-son qui gagne en importance. Une personnalité se dégage de ce travail, indéniablement, qui donne envie d’en suivre l’évolution.
Laurent Bergnach
anaclase.com


about Chantier Woyzeck :
S’emparant d’un sujet fort et porteur, Aurélien Dumont se lance dans une aventure sonore certes risquée – l’exemple de Berg en effraierait plus d’un! – mais courageusement assumée. Il opte pour un effectif instrumental léger – dix instruments investissant « le plateau », dont deux guitares électriques, et un dispositif électronique. L’écriture très élaborée et regorgeant de trouvailles sonores joue souvent sur l’ambiguïté de la source électronique et du son instrumental parfois saturé – cordes, guitares électriques, steel-drum. Remarquable est la manière qu’a le compositeur de réagir à chaque situation dramatique pour trouver la couleur, le grain, l’alliage sonore qui nous mettent en phase avec la dramaturgie. Soustrait au regard du public mais non moins efficace, Pierre Roullier, à la tête de l’Ensemble 2e2m, détaille toutes les finesses de la partition.
L’écriture vocale est envisagée avec la même flexibilité, du parler au chanter, de l’inflexion lyrique à la déclamation chorale, en passant par le rap et le jeu rythmique des voix façon « Kechak » balinais. La chanson rock accompagnée par les guitares électriques, que Woyzeck chante en anglais juste après le meurtre de Marie (« l’était une fois un pauv’gamin ») relance très efficacement l’action.

Given the play’s powerful theme, Dumont undertook a risky musical adventure but with complete confidence. He chose a reduced array of only ten instruments (including two electric guitars) and one electronic device. The writing, very complex, was chock-full of sonic ideas and often played with an ambiguity between the electronic source and instrumental sound, which was sometimes very dense. The vocal writing was just as malleable, moving from singing to talking, from lyrical inflection to choral declamation, through rap and Balinese kechak-like rhythmical games. The rock song sung in English by Woyzeck just after Marie’s murder “L’était une fois un pauv’ gamin” (There was once a poor kid), accompanied by rock guitars, proved a very efficient way to energize the action.
Michèle Tosi,
resmusica.com

Et si les chants inachevés étaient les plus beaux?
Un spectacle s’une très grande force.
« L’inachevé bourdonne d’essentiel », disait René Char ; amarrée au théâtre Jean-Vilar de Vitry, la Péniche Opéra en apporte à nouveau la preuve par cette création. Le Chantier Woyzeck est d’abord celui laissé par Büchner, fauché par la mort en pleine élaboration de son Woyzeck. Partant d’un manuscrit en quatre états, le dramaturge Dorian Astor a fait le chois de laisser l’organisme en devenir, sans accorder aux personnages leur pleine valeur de « sujet ».
À l’écoute de la musique pétrie de réminiscences urbaines d’Aurélien Dumont - âprement jouée par l’ensemble 2e2m - et à la vue de la mise en scène de Mireille Larroche où explosent la désespérance et la déréliction des exclus, le propos semble moins de réassembler cet organisme en fusion à la suite de Berg (et du bien oublié Manfred Gurlitt) que d’en interroger la superbe violence. Gageons que la prestation hallucinée de Rodrigo Ferreira en Woyzeck aura su toucher un public venu de tous horizons.
Jérémie Bigorie
Classica, juillet-août 2014


about Sérieux gravats :
«Samedi soir, réfectoire de l'abbaye royale de Royaumont, le concert de l'excellent ensemble Linea dirigé par son fondateur Jean-Philippe Wurtz, les jeunes compositeurs du stage Voix nouvelles étaient rassemblés au milieu d'un public - hélas ! - trop disparate, pour écouter les dernières œuvres en date de leurs professeurs. Espérons qu'ils en auront tiré quelques leçons et qu'ils auront compris qu'il ne suffit pas d'écrire à la manière de dans le but de complaire aux maîtres, ou de se contenter d'être des clones, mais qu'il faut aussi être soi-même. C'est d'ailleurs ce qui fait la caractéristique du jeune Aurélien Dumont (né en 1980) qui appartient à la même génération que les stagiaires, qu'il a précédés de peu à Royaumont. Donnée en création mondiale, Sérieux Gravats pour six instrumentistes (flûte alto, clarinette-clarinette basse, trombone, alto, piano et percussion) est la deuxième des pièces de son cycle Nara commencé avec Circa Sika pour quatuor à cordes et électronique, créé par le Quatuor Diotima en juillet dernier, (...).
Cette œuvre aux élans oniriques et rêveurs, enjolivés par une quête de sons inouïs (anche de basson dans l'embouchure du trombone avec glissandi de la coulisse à vide, etc.), augure bien de l'avenir de ce créateur qui tient fort bien la comparaison avec ses aînés, à en juger par les partitions présentées après la sienne et signées des trois professeurs de la session 2010.»
Bruno Serrou,
anaclase.com

«C’est d’ailleurs avec l’œuvre d’un ancien stagiaire, Aurélien Dumont, que débutait le concert. Sérieux Gravats – Nara II au titre énigmatique – doit-on y entendre des résonances asiatiques? - est une pièce à l’écriture très inventive sollicitant de nombreux modes de jeux de la part des six instrumentistes : sonorités insolites, marquèterie de timbres où le silence participe de la dramaturgie, petits mouvements rotatoires aux réminiscences pessoniennes – Aurélien sort de la classe de Gérard Pesson - l’œuvre sonne avec élégance et raffinement.»
Michèle Tosi,
resmusica.com

about Ars musica 2012 :
« Aurélien Dumont nous chuchote depuis quelques années les frémissements intimes de la musique au creux de nos oreilles. De lui, on pourrait presque dire qu’il est un « bébé compositeur », attentif au soubresauts de l’âme des sons. Certes, Gérard Pesson, un de ses professeur de composition, y est pour quelque chose. Mais le désir d’Aurélien de scruter les particules élémentaires (non pas dans un sens spectral, mais issues de molécules d’écoute accrochées au gré de traversées poétiques) date de bien avant sa rencontre avec son mentor au CNSM de Paris. On oserait presque dire que ses chuchotements détournent avec subversion les bribes mnémoniques « pessonniennes » (si vous avez un meilleur adjectif, faites-le moi savoir !). Quant à la poésie, parlons-en… Sa relation profonde avec le poète Dominique Quelen, ami de longue date, l’ont amené à s’inquiéter de chaque phonème textuel ou sonore qui dans sa raréfaction pure clame son originalité. D’un son à l’autre la musique prend sens, s’organise, d’une syllabe à l’autre le texte prend forme et se love au coeur de la dramaturgie instrumentale. Pour preuve cette pièce magnifique de 2009, sur des textes d’Emily Dickinson : Apre Bryone, pour Soprano, 19 instruments et dispositif électroacoustique (vous pouvez l’écouter en cliquant ICI).  Certes, je ne suis pas objectif, car cette oeuvre m’est dédiée ! mais avec quel plaisir je l’écoute et réécoute… Finalement, n’est-ce pas là le propre de l’Art : clamer sa subjectivité en assumant sincèrement la qualité des oeuvres présentées.
Personnellement, j’ai toujours trouvé que, dons l’oeuvre de ce jeune compositeur, cette tension dramatique basée sur des rapports minimaux entre les événements sonores jetés à même la partition comme les objets épars de notre vécu auxquels nous réservons notre tendresse, cette sensualité délicate du timbre caressant, sans négliger les petites grattes au tympan pour nous rappeler à notre humanité, bref, ces multiples perspectives n’étaient guère loin d’instaurer certaines stratégies que l’on peut trouver chez les compositeurs asiatiques. Je pense que ce n’est pas pour rien qu’Aurélien Dumont est finalement allé chercher son inspiration du côté de cette île de beauté d’Extrême-Orient. Je me souviens d’ailleurs de grandes discussions avec lui où j’exprimais ma passion du Japon avant qu’il ne le découvre sous ses différentes facettes, tout en me rendant compte de la proximité de nos sensibilités respectives. Et maintenant, l’on attend qu’une chose… découvrir rapidement ces merveilleuses musiques issues de l’émerveillement ressenti que m’a manifesté le compositeur lors de ses voyages en compagnie de celle qui est devenue depuis peu son épouse. Les titres nous titillent et le désir d’écoute s’installe : Sérieux gravats – Nara II, Décor cordé – Nara III. Tout un programme. Suivons donc attentivement ce compositeur car il risque de nous surprendre ces prochaines années !»
Claude Ledoux,
ars-musica 2012

about Traversées - pauses pluitées :
«Pour découvrir de nouveaux talents, on pouvait aussi se rendre à l’Ircam, samedi après-midi, pour les ateliers concerts du cursus de l’établissement : là encore, un public jeune, passionné, attentif, et la salle était pleine ! Parmi les belles surprises, la confirmation du talent d’Aurélien Dumont, jeune compositeur qui était notre invité il y a quelques mois dans cette émission.»
Arnaud Merlin, France Musique, le 28 mars 2011


about Frottole des forêts flottantes :
«La surprise est venue d'une œuvre qui, s'inspirant « Des Indes galantes » de Rameau, avait des accents résolument contemporains, abolissant les « frontières » entre les genres et les époques.»
Sud-ouest 18 juillet 2011
sud-ouest


about Pastilles & apostilles :
«Dans la création de Pastilles et Apostilles d’Aurélien Dumont, pour quatuor de violoncelles, le jeune compositeur français utilise la technique de citations et de filtrage, chère à son professeur Gérard Pesson, mais avec un souci hédoniste qui fait plaisir à entendre.»
La lettre du musicien
Laurent Vilarem
La Lettre du Musicien


about Grands défilés :
«C’est une collaboration entre l’auteur et metteur en scène Frédéric Tentelier et le compositeur Aurélien Dumont qui a abouti à ce spectacle original, touchant, à la fois profond et léger, où sont abordées les questions du récit, du point de vue de la mémoire.»
France Musique
Pierre Rigaudière


about Beati Pacifici :
«entire quattro strumenti a corda trasformarsi in qualcosa di molto simile a una voce, con i suoi singhiozzi, la distensione e il sorriso -sino a volte (nel brano di Aurélien Dumont) a mescolarsi alla voce sommessa degli esecutori- è stato emozionante. Queste musiche hanno espresso soprattutto l’assenza del tempo nei luoghi dell’eterno. Una ripetizione, una stasi senza divenire, un’identità senza differenza che è il vero segno del disumano, dell’altrove e dell’ignoto.»

Alberto Giovanni Biuso, Vita pensata.
http://www.vitapensata.eu/2012/10/18/dante-la-musica/


about Berceuse et des poussières :

Berceuse et des poussières (2012) d’Aurélien Dumont est un petit bijou musical. C’est une œuvre pour clarinette, violon, alto, violoncelle, piano et bande ( 13mn). C’est tout à la fois un regard sur deux univers musicaux. La partition commence sur le souffle étouffé de la flûte et de la clarinette, tel un long mugissement, un râle, une longue vibration, une respiration brutalement interrompue par un coup de piano. On entend alors la plainte de la clarinette qui se développe tel un thrène. On pense à celle écrite par Penderecki pour les victimes d’Hiroshima. Le coucou du violoncelle alterne avec la clarinette et répondent en écho l’alto et le piano. Par moment la pianiste se projette au-dessus de la table d’harmonie et caresse avec un pinceau les cordes. Des aspects stravinskiens, avec le piano notamment, inspirés du Sacre. Puis la clarinette beugle, le chef Jean-Pierre Pinet se retourne en direction du technicien au plateau technique et acoustique, c’est alors une nuit sonore étoilée, une aurore boréale musicale, un scintillement cristallin qui se font entendre.
Pierre-Alain Lévy
wukali, 3 février 2016
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Aurélien Dumont (né en 1980) dont la Berceuse et des poussières pour violon, alto, violoncelle, piano et bande donnée en première audition française révèle un compositeur de 32 ans inventif qui sait ménager la surprise.
Bruno Serrou

Tra i lavori per ensemble, una piacevole scoperta è stato quello del giovane Aurélien Dumont, Berceuse et des poussières, per trio d'archi, pianoforte e nastro, che dimostrava grande inventiva e la capacità di dare senso alla combinazione di materiali assai diversi: disegni periodici, violente, brevi sventagliate, giochi meccanici del pianoforte, colpi di chiave del clarinetto, fasce armoniche distorte degli archi, varie manipolazioni di un tema tratto dal primo movimento del Concerto n.3 per pianoforte di Beethoven, e l'elettronica innestata ex abrupto come un carillon. L'effetto era magico, come se i suoni degli strumenti venissero da lontano o da sott'acqua.
Gianluigi Mattietti
Golem